07 novembre 2006

Hervé BRAMY, Président du Conseil général de la Seine-Saint-Denis.CONVENTION INTERNATIONALE DES COLLECTIVITES HORS AGCS

Hervé BRAMY, Président du Conseil général de la Seine-Saint-Denis

CONVENTION INTERNATIONALE DES COLLECTIVITES HORS AGCS

DIMANCHE 29 OCTOBRE – 9 HEURES 30

GENEVE

Mesdames, Messieurs,

- accueil de certaines et certains d’entre vous lors des Etats généraux des collectivités hors AGCS, à Bobigny, en novembre 2004, avec mon ami, Bernard Birsinger. Bernard fut des premiers à s’engager, aux côtés des collectivités territoriales, des élus, des associations, des organisations syndicales, pour la défense et la promotion du service public.

- Son combat pour construire ensemble un autre monde, plaçant l’être humain, ses droits fondamentaux, au cœur des choix de développement urbain, demeure un formidable défi à relever.

- Ce défi appelle la construction d’un projet novateur, capable de rassembler les femmes et les hommes, les peuples, apte à renverser les puissances de l’argent. Un projet de société dont le socle est constitué du service public, fondé sur les valeurs de l’égalité, de la solidarité et de la maîtrise citoyenne. Bref, un service public transformé, étendu et démocratisé.

- Bien sûr, nécessité de trouver de nouveaux financements. Mais l’argent ne manque pas. Si le service public déchante, le CAC 40, l’indice boursier français, lui est à la fête. En moins de 6 mois, les entreprises du CAC 40 ont réalisé plus de 50 milliards de profits!

-Puisqu’il me revient l’honneur d’introduire les débats de cette matinée portant sur nos initiatives de préservation et de ré-appropriation de gestion publique de biens communs, je souhaiterai vous faire part d’enjeux, de partis pris et d’expériences.

- Notre département s’appuie sur d’indéniables atouts : richesse humaine, ses valeurs d’égalité, de solidarité et de justice sociale, une formidable envie d’avenir qu’exprime avec force notre jeunesse. Terre d’accueil, terre d’élection des classes populaires, elle s’est forgée de traditions de luttes, de résistance, de gestion progressiste des autorités locales. 

- Depuis plusieurs années, nous nous saisissons de toutes les opportunités de développement -les deux universités, les aéroports, nos potentiels fonciers, les centres de recherche nombreux et réputés, les espaces de création où se produisent des artistes du monde entier présents sur notre territoire.

- Si chacun constate de réelles potentialités et son innovation sociale, la Seine-Saint-Denis incarne aussi tous les paradoxes avec une croissance sans précédent de toutes les formes d’inégalités, de ségrégations, je dirai même de relégation sociale. Ce département porte les stigmates de toutes les périphéries qui connaissent un processus d’exclusion. Nous y avons vécu, comme dans plus de 300 autres quartiers populaires, ailleurs en France, l’explosion sociale que vous savez, il y a un an.

- La Seine-Saint-Denis, comme toute la société française, est confrontée au retrait historique de l’Etat de ses missions sociales, au profit des forces du marché. Pour respecter les critères du pacte de stabilité, le Gouvernement restreint les dépenses publiques qui font défaut aux collectivités locales comme aux services publics.

- Pourtant, plus que jamais, nous avons besoin de plus de services publics, dégagés des logiques mercantiles, pour satisfaire aux exigences en matière de logement, d’éducation et de formation, de transports publics, de santé, d’accès aux biens communs que sont l’eau et l’énergie.

Des exemples :

- Le maillage des services publics, l’existence d’entreprises et d’opérateurs publics performants, avec leur fonction de péréquation, sont des outils d’aménagements du territoire, de développement économique y compris industriels et de cohésion sociale.  Ils sont indispensables au rééquilibrage francilien et au développement de la Seine-Saint-Denis. C’est d’ailleurs une idée que nous portons avec force dans le débat concernant la révision du Schéma Directeur de la Région Ile-de-France, et dans le domaine de la santé avec le Schéma régional d’organisation sanitaire.

- Dans les domaines de l’eau et de l’assainissement : ouvert à tous les partenariats, reconnus internationalement, à la pointe de la modernité, ce service public est basé sur une haute technicité, sur la priorité donné à la sécurité et sur des efforts conséquents de formation des personnels. Sa particularité réside aussi en un plan d’action (le schéma AUDACE) pour l’assainissement et pour lutter contre les inondations et les pluies d’orage, un plan concerté en permanence avec les acteurs de l’eau. Plus largement, l’Observatoire de l’hydrologie urbaine, qui regroupe des associations, des riverains, des techniciens, des citoyens, traduit notre volonté de favoriser l’appropriation citoyenne des enjeux de l’eau.

- Terre en tête, Biennale de l’environnement : 50.000 participants, éducation populaire et démocratie ; la place du service public pour valoriser l’environnement, agir sur le long terme ce que ne peut pas l’entreprise. Nous avons enfin besoin d’une croissance économique qui porte le progrès et le bien-être social et non le gaspillage ses ressources naturelles, humaines et matérielles dans une course effrénée au profit à l’échelle planétaire.

- L’éducation constitue une priorité ; il faut un effort massif dans les quartiers populaires, sinon ce sera la porte ouverte, encore plus qu’aujourd’hui, aux entreprises privées et/ou confessionnelles.

- le logement : autre priorité exprimé par nos concitoyens ; les besoins de logements sociaux n’ont jamais été aussi grands. Le service public du logement, avec des moyens renforcés, peut être de nature à construire des logements accessibles à tous, humanisés, respectueux des normes environnementales, dans des quartiers agréables. Le droit au beau, y compris dans le logement, est une exigence

- Nous nous appuyons sur des outils comme l’Observatoire des services publics, comme le Comité départemental de défense du service public. Ils peuvent aider le Conseil général à assumer ses responsabilités et favoriser l’intervention citoyenne.

Je vous remercie de votre attention et vous cède la parole.

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